Extrait du quatrième tome

(p. 170)

— Peut-on vous accompagner, professeure ? s’enquit Zarya.

— Bien sûr ! Cela vous intéresse de voir une quantité incroyable d’objets maléfiques ?

— Je serais curieuse de voir cet endroit ! lança Cylia.

Zarya ne fut pas surprise par sa réaction. Le ton sur lequel Cylia avait répondu, l’expression de son visage, tout indiquait son intérêt marqué pour la magie noire et les instruments ensorcelés.

En pénétrant dans le grand hall d’entrée du Temple, elles se dirigèrent toutes les trois vers le couloir du fond. Les adolescentes, silencieuses, suivaient de près la professeure en observant attentivement les lieux. C’était la première fois qu’elles allaient de ce côté. Au bout du long couloir, il y avait un escalier en colimaçon d’une dimension très surprenante. Talonnant toujours la vieille dame, Zarya et Cylia descendirent la cinquantaine de marches de pierre, pour ensuite emprunter un autre interminable corridor souterrain. Malgré son âge avancé, Emma ne ralentissait pas la cadence de son pas.

Finalement, elles entrèrent dans une pièce rectangulaire aussi grande que celle de la professeure Bignet, éclairée par la lueur ambrée d’un cristal fixé au plafond voûté. « Sûrement le bureau de Phil Saustier », pensa Zarya.

— Il n’est pas ici. Cylia, dépose la bullos-assordio dans le seau de métal, le bec de la flûte vers le bas, je te prie, dit Emma en tournant les talons. Maintenant, allons voir là-bas.

« Là-bas » était sûrement la Chambre des objets maléfiques, déduisit Zarya en fermant la porte derrière elle.

L’endroit où elles s’arrêtèrent était un passage assez large pour que même un autobus du monde sans magie puisse y circuler librement. Une monumentale porte double, en face d’elles, était encadrée par deux statues de pierre représentant des hydres. Ces créatures au corps de chien possédant sept têtes de serpent des eaux, dont une immortelle, semblaient protéger les lieux.

— Prenez garde, mesdemoiselles, dit Emma. Il est facile de pénétrer dans la Chambre des objets maléfiques. Tout le monde peut le faire. Cependant, il pourrait s’avérer impossible d’en sortir !

— Que voulez-vous dire par « s’avérer impossible » ? s’enquit Cylia, curieuse.

— Si tu en sors avec un objet maléfique sans le mot de passe du jour, répondit la professeure d’une voix grave, ces hydres prendront vie et t’attaqueront de leur haleine empoisonnée. Par la suite, elles te... Enfin, vous devinez la suite...

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