Extrait du cinquième tome

Zarya regardait avec effroi des spectres fantomatiques qui attiraient le garçon vers le néant. Attachée par la taille, et avec un effort considérable, Zarya retenait Kevin par le bras, bien déterminée à ne pas le lâcher.

— Réveille-toi, je n’y arriverai pas toute seule ! s’écria-t-elle en voyant qu’il avait les yeux mi-clos.

Celui-ci ne faisait rien de son côté. On aurait dit qu’il était devenu lui-même une de ces entités translucides. Ils avaient la taille de jeunes enfants, mais là s’arrêtait la comparaison. Ces créatures éthérées étaient vêtues de haillons sordides d’une blancheur irréelle, et leur figure, partiellement cachée par leur chevelure clairsemée, exprimait une haine implacable. Elles étaient deux et elles se ressemblaient étrangement.

À bout de force, Zarya regarda le boyau qui la retenait entre le monde des vivants et celui du vide absolu, et remarqua qu’il commençait à s’étirer dangereusement. Elle décida de se libérer une main, et projeta aux créatures une vague translucide en pleine figure. Ce fut comme un coup d’épée dans l’eau : le sortilège leur passa au travers.

— Ça ne fonctionne pas ! dit-elle en saisissant Kevin à deux mains. Ce sont des fantômes, ils sont intouchables...

C’est alors qu’elle se souvint d’un détail. Le seul pouvoir qui peut atteindre un esprit ou un être sans corps physique est celui du Torden, le pouvoir exceptionnel qu’elle avait hérité de sa grand-mère. Toutefois, deux choses l’empêchaient de l’utiliser : elle avait les deux mains occupées, et le garçon se trouvait entre elle et les spectres.

Ses pieds glissaient sur le sol et le boyau était sur le point de céder. Elle devait agir maintenant...

(C) 2012 JP Goyette. Tous droits réservés.